mercredi 22 avril 2015
Beaucoup d'économistes et de politiques ont tendance à penser que le retour de la croissance permettrait de résoudre les problèmes économiques et sociaux que nous connaissons. Il se pourrait que ce soit une illusion. En effet, la croissance conduit inévitablement à une surexploitation des ressources qui compromet les équilibres naturels et n'est pas soutenable à long terme puisque ces ressources sont nécessairement limitées. De plus, le développement technologique présente immanquablement des inconvénients et des nuisances et devient même contre-productif (comme on le voit dans les transports automobiles). A terme, il nuit à l'équilibre des sociétés et des individus qui attendent la satisfaction de leurs besoins non de leur propre activité mais de ce qui leur est fourni. Se développent ainsi des systèmes dont on attend tout, dont on ne peut plus se passer, aux exigences desquels on est soumis. Individus et sociétés sont alors dépossédés de ce qu'ils étaient capables de faire. Critiquer l'idéologie de la croissance, c'est se battre contre le rêve malsain de s'affranchir de toute limite, c'est développer une technologie qui respecte la proportion entre les buts recherchés et les moyens mis en oeuvre, entre les buts recherchés et les facultés humaines, c'est privilégier par la sobriété le bien-être au présent, et non pas le désir d'un mieux-être dans le futur.
samedi 21 mars 2015
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| Panorama du lac du Bourget |
On entend parfois parler de "retour à la nature". Mais quel rapport les hommes entretiennent-ils avec leur environnement naturel ? On peut, semble-t-il, dégager quatre conceptions fondamentales :
- la nature est à exploiter : c'est un ensemble de ressources qui sont à notre disposition, que nous avons à faire fructifier, dont il faut tirer le maximum d'avantages (conception que l'on retrouve dans l'agriculture industrielle ou l'exploitation touristique des sites naturels remarquables par exemple)
- la nature est à aménager : les conditions naturelles ne sont pas toujours favorables aux différentes activités humaines; il convient alors de les modifier pour rendre la vie plus facile, plus agréable, plus performante (cela va de l'assèchement d'un marais, du défrichement d'une forêt à la pose de prothèses ou de puces électroniques dans le corps humain)
- la nature est à respecter : il faut en prendre soin car l'écosystème est vulnérable (l'homme peut lui infliger des blessures irrémédiables) mais en même temps remarquablement performant (il suffit alors d'accompagner les processus naturels, de s'en faire des alliés, non pas d'agir sur mais d'agir avec, ce que réussissait à sa manière l'agriculture paysanne)
- la nature est à goûter, comme on goûte un bon vin, ce qui suppose une proximité, une intimité même, on ne goûte pas en laissant à distance : la nature n'est pas un spectacle, mais le milieu dans lequel on vit, duquel on vit.
lundi 23 février 2015
SALON DE L'AGRICULTURE
La
foule se presse au Salon de l’agriculture, y compris président et ministres.
Mais de quelle agriculture s’agit-il ? Celle des
« agro-managers » qui favorise la course à l’espace ou au gigantisme,
avec l’hyper mécanisation que cela induit ? Celle des « paysans »
qui maintiennent les paysages, des bocages aux garrigues, qui prennent soin de
ce dont ils ont hérité ? Certes, l’opposition n’est pas aussi tranchée, mais il faut voir
qu’une agriculture industrielle (qui considère la nature seulement comme une ressource
à exploiter) a conduit à l’appauvrissement des sols, à la chute de la
biodiversité sauvage et domestique, à la banalisation et à l’uniformisation des
paysages. En un siècle, nous avons divisé par cent la variété des fruits et
légumes qui atterrissent dans nos assiettes. Trois races bovines assurent plus
des 9/10èmes de la production mondiale de viande et de lait. Comme l’écrit Éric
de Kermel : « Agriculture, paysage, biodiversité, assiette,
tout est lié…Le combat pour la biodiversité agricole puise ses racines aux
mêmes sources que celui pour la diversité culturelle, ethnique, spirituelle.
Au-delà du contenu de nos assiettes, s’est le goût de la différence, la joie du
métissage et la richesse des échanges qui sont en jeu. »
jeudi 5 février 2015
ACCLAME AU MUSEE DE GRENOBLE
Le
lundi 2 février, un petit groupe d’adhérents et de sympathisants s’est rendu au
musée de Grenoble pour visiter l’exposition Penone. Pour Giuseppe Penone,
artiste piémontais né en 1947, l’art est le moyen le plus sûr de nous rapprocher de la vérité du monde
et des choses. Fidèle à ses origines rurales où il a appris le rythme des
saisons, les travaux des champs, les arbres et les fleurs, les pierres des ruisseaux
et l’odeur des bêtes, il veut retrouver, à travers ses installations, sculptures et dessins,
ce qui fait le fond de la vie et de la nature : le souffle, la peau et
l’écorce, l’eau et la sève, la trace du fourmillement souterrain de la vie. Il
nous interroge dans sur la place de
l’homme dans la nature, sur
l’empreinte qu’il y dépose, sur les
interactions, les métamorphoses et les glissements entre les différents
règnes : minéral, végétal, animal. L’exposition montre que les sensations
physiques et la matière peuvent donner naissance à une quête spirituelle et
poétique et que l’art, révélation de l’invisible, ne peut exister sans émerveillement.
LE MOT DU PRESIDENT
L’année 2014 a vu des changements dans notre association : après de longues et
fructueuses années passées à la présidence d’Acclame dont nous la remercions
vivement, Monique Curtelin a souhaité s’engager d’une autre manière dans
l’association. Le Conseil d’administration, issu de l’Assemblée générale du 5
juillet dernier, m’a donc désigné comme président et Monique a été nommée vice-présidente. Habitant Saint-Innocent depuis 25 ans, c’est
Acclame qui a sensibilisé le professeur de philosophie que j’étais aux
problèmes de l’écologie, et c’est ainsi que je participe depuis plusieurs
années déjà au Conseil d’administration.
Je
crois que, pour préserver et améliorer notre environnement, il faut nous
interroger sur nos différents rapports à cet environnement : est-ce que
nous le considérons comme un ensemble de ressources à exploiter, comme un cadre
de vie à aménager au mieux ou comme ce qui nous permet de vivre et dont il faut
prendre soin ? Dans notre combat qui n’est dirigé contre personne et qui ne cherche pas à défendre des
intérêts particuliers mais seulement le bien commun, deux
points me paraissent importants : nous avons hérité d’un patrimoine,
naturel et bâti, qu’il convient de préserver, mettre en valeur et enrichir.
Pour cela, dans un esprit de bienveillance
et de détermination, il faut renforcer nos capacités de réflexion et
d’action, en impliquant adhérents et sympathisants et en développant des
partenariats, sur des sujets ponctuels, avec d’autres groupes ou associations.
Amis
de la Chautagne, du canal et du lac, n’hésitez pas à nous faire part de vos
remarques, de vos questions, de vos idées. N’hésitez pas non plus à adhérer ou
à renouveler votre adhésion (par principe et pour assurer notre totale
indépendance, nous ne sollicitons aucune subvention ; l’association ne vit
donc que des cotisations de ses membres).
Je
compte sur votre soutien et vous en remercie sincèrement
Avec
mes sentiments cordiaux,
Denis Clouet
mardi 11 février 2014
UN GRAND MARCHE TRANSATLANTIQUE ?
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Le grand marché transatlantique ne se fera pas !
C'est l'appel lancé par de nombreuses organisations pour attirer l'attention sur les négociations entre la Commission Européenne et les Etats-Unis concernant le Transatlantic free trade area (TAFTA). Ces négociations, très confidentielles, visent à établir un vaste marché de libre-échange entre l'Union Européenne et les Etats-Unis qui aurait comme conséquences non seulement le démantèlement des droits de douane mais aussi la suppression
des barrières non tarifaires. Il conduirait alors à un nivellement par le bas des règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales. Par exemple, la production de lait et de viande avec usage d'hormones, la volaille chlorée et bien d'autres semences OGM, commercialisées aux Etats-Unis pourraient arriver sur le marché européen. Une nouvelle architecture juridique limitant les capacités déjà faibles d'intervention des Etats, permettrait entre autres aux pétroliers d'imposer en France l'exploitation des gaz de schiste et autres hydrocarbures dits non conventionnels. Seraient en grand danger le maintien des services publics, la protection des droits sociaux, l'existence d'activités associatives, sociales et culturelles préservées du marché, le contrôle des activités des multinationales ou l'investissement dans des secteurs d'intérêt général comme la transition énergétique.
mardi 7 janvier 2014
Sobriété heureuse !
Bonne et heureuse année ! C'est la formulation habituelle des vœux que nous échangeons eu début d'année.
Mais, dans un monde en crise, ne restent-ils pas des vœux pieux ? Le bonheur est-il possible ? Selon Frédéric Lenoir, être heureux repose sur trois piliers : avoir des relations (familiales, amicales, sociales) de qualité ; s'épanouir dans ses activités, spécialement les activités professionnelles dont l'argent ne peut être l'unique finalité ; se sentir bien dans son corps, ce qui exige d'en prendre soin. Le bonheur passe donc par de justes choix et une transformation intérieure : "Soyez le changement que vous voulez pour le monde", disait Gandhi. La clé du bonheur ne consiste pas à vouloir plus, plus grand, plus beau, mais elle consiste dans la sobriété. Il ne s'agit pas de vouloir acquérir sans cesse de nouveaux biens, ostentatoires et inutiles, mais d'approfondir nos liens. En empruntant ce chemin, nous trouverons davantage de joies et nous les vivrons plus intensément.
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